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Hors les murs
11 août - 16 août
2026

Boire à la bouche

Le virage,
Quimper

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #1, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #2, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #3, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #4, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #5, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #6, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #7, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Allégories périssables #8, 2005
Tirage photographique Fine Art jet d’entre, contrecollage dibond,
60 x 40 cm.

Rodrigo Braga,
Mentira repetida, 2011
Montage vidéo HD, 16/9e, 5 mn 20.

Dans le cadre des Nuits brésiliennes proposées pour la 47e édition du Festival international des Semaines musicales de Quimper, le virage accueille à la galerie Artem huit photographies de Rodrigo Braga issues de la collection Laurent Fiévet. Elles seront présentées, aux côtés d’un film de l’artiste, dans le cadre de l’exposition collective Boire à la bouche, en dialogue avec les œuvres de Marara Kelly, Ana Vaz et Mayara Yamada.

Le travail de Rodrigo Braga repose sur des principes d’immersion dans une diversité de paysages. À travers des pratiques corporelles, en particulier la performance et la construction manuelle in situ, ses œuvres sont autant de ritualisations qui redonnent sens aux espaces et à leurs éléments.

Ses œuvres photographiques et vidéographiques produisent une iconographie qui laisse une large part à l’allégorie et aux symboles. Il est également l’auteur d’importantes installations réalisées sur site dans des contextes institutionnels, et poursuit une pratique du dessin et de l’écriture. Son œuvre engagée aborde des questions essentielles de politiques socio-environnementales, en dévoilant les relations conflictuelles entre l’humanité́ et son traitement utilitaire de la nature.

Réalisée en 2005, la série de photographies Allégories périssables s’inscrit dans la dynamique d’une réflexion plus large portée par l’artiste sur la fragilité du vivant et sur le rapport de domination de l’être humain sur son environnement naturel. Elle consiste en une série d’autoportraits où Rodrigo Braga, né à Manaus, en 1976, au cœur de l’Amazonie, est représenté au contact de différents éléments naturels — d’origine aussi bien florale, végétale qu’animale —, directement fixés sur son visage.

Comme souvent dans la pratique de Rodrigo Braga, le corps est traité comme un terrain d’expérimentation. Il est invité ici à incarner dans la série un ensemble de figure hybrides qui convoquent aussi bien les rituels archaïques, les récit mythologiques et la culte chamanique que la peinture italienne d’un Giuseppe Arcimboldo.

Au même titre que chez le peintre maniériste, auteur de nombreux portraits phytomorphes, chaque photographie est chargée d’une dimension allégorique. Ambivalente, elle rend aussi bien compte chez Braga des fragilités de l’homme face à son environnement naturel que ses capacité d’adaptation et de survivance.

Dans une approche plus politique, ces approches entrent en résonances avec les violences infligées aux populations amazoniennes et à l’épuisement des ressources naturelles précipitées par l’exploitation des terres. Au-delà de son caractère poétique, les Allégories périssables se chargent d’une indéniable inquiétude, qui invite le regardeur à sonder sa propre vulnérabilité.

À cet ensemble photographique, l’exposition Boire à la bouche associe la vidéo de 2011 Mentira Repetida dans laquelle Rodrigo Braga se filme seul et nu, dans la forêt amazonienne, en train de crier. La performance dans laquelle il se met en scène explore sous un autre mode la relation ambivalente que construit l’homme et la nature, la figure et l’immensité du paysage dans lequel elle est intégrée. Pouvant être perçu dans un premier temps comme artificiel, le cri finit, à force de répétition, de gagner en puissance émotionnelle, éprouvant la porosité entre l’action représentée et l’émotion à laquelle elle est intimement associée.

Sur une proposition du fonds Kervahut.
Commissariat : Camille Girard & Paul Brunet et Thomas God.

Artistes
Rodrigo Braga

Rodrigo Braga est né à Manaus (Amazonie, Brésil) en 1976.
Il vit depuis 2018 entre Rio do Janeiro et Paris.

Programme