« J’ai été séduite, dès notre première visite à Kervahut, par les rayons de lumière qui percent à travers la végétation et que viennent encore accroître la présence de l’eau qui jalonne
le domaine. Découverte aux premiers jours du printemps, la nature semble s’y mouvoir paisiblement, égayée par le son des oiseaux qui viennent siffler à nos fenêtres dès le lever
du jour pour ne plus s’arrêter jusqu’à la tombée de la nuit. L’atmosphère y est bucolique, voire, à certains égards, enchantée. L’étendue d’eau est pourtant artificielle, ce qui renforce d’une certaine manière l’idée d’un décor planté, du début d’un conte à raconter basé sur un élément factice, construit par l’homme. C’est sur cette relation entre le naturel et l’artificiel, la réalité et la fiction, que j’ai décidé d’orienter mon travail à l’occasion de cette exposition. J’y présente un tirage des environs du lieu-dit de moyen format, qui vient puiser sa source dans une forme de réalisme magique : « poussière, moins que poussière, silence, moins que silence, rien, et toujours cette vibration du chant (…) dans le rien manifesté du monde. »
Christian Bobin, L’homme qui marche.
« J’ai été séduite, dès notre première visite à Kervahut, par les rayons de lumière qui percent à travers la végétation et que viennent encore accroître la présence de l’eau qui jalonne
le domaine. Découverte aux premiers jours du printemps, la nature semble s’y mouvoir paisiblement, égayée par le son des oiseaux qui viennent siffler à nos fenêtres dès le lever
du jour pour ne plus s’arrêter jusqu’à la tombée de la nuit. L’atmosphère y est bucolique, voire, à certains égards, enchantée. L’étendue d’eau est pourtant artificielle, ce qui renforce d’une certaine manière l’idée d’un décor planté, du début d’un conte à raconter basé sur un élément factice, construit par l’homme. C’est sur cette relation entre le naturel et l’artificiel, la réalité et la fiction, que j’ai décidé d’orienter mon travail à l’occasion de cette exposition. J’y présente un tirage des environs du lieu-dit de moyen format, qui vient puiser sa source dans une forme de réalisme magique : « poussière, moins que poussière, silence, moins que silence, rien, et toujours cette vibration du chant (…) dans le rien manifesté du monde. »
Christian Bobin, L’homme qui marche.