Souffles s’inscrit en deux mouvements successifs.
Le premier (inspiration), présenté dans le cadre de Cabane, tente de révéler une image de la mort en mouvement dans une catharsis du plateau.
Inspiration – Du ciel dans les cintres
Des déflagrations, des bombes déchirent l’espace du plateau vide, blanc.
Un corps au lointain, allongé sous un drap blanc.
Une voix de la terre, animale, face à nous :
Je ne résiste pas / Ô plaisir / D’annoncer / Que rien / Plus jamais / Comme avant / Rien / Ni même un sentiment / Rien / Quelque chose vous guette en cet instant / L’oubli.
Un corps du bout des doigts cherche l’instrument du ciel dans les cintres.
Le présent : faux, le passé : faux, l’avenir : faux.
Reste le vent sur ce plateau désertique qui soulève ce corps, et va s’écraser dans un coin en chantant une dernière fois.
On pense que c’est vraiment la dernière fois.
C’est le sujet de tout plateau lié à ses origines.
On va pas le lâcher, on va y aller directement, sans ambages.
Direct, sinon, à quoi bon.
« Dans la grange ; la paille, la terre battue, comme unique consolation face à la folie de la vitesse.
Une gélatine, un son pour absoudre notre soi-disant connaissance et rentrer dans le dur d’un espace à partager comme des ogres.
Avaler, engranger, respirer des masses de presque rien, pour repartir ailleurs, sans préméditation, et se dire que oui, oui quelque chose
est face à nous et que nous allons l’attaquer au burin pour en saisir la matrice proverbiale. Et puis attendre que le voile glisse et révèle enfin cette forme tant attendue : celle d’un corps vivant ! »
Vincent Dupont, le 21 février 2026, Kervahut
