Kervahut
Plonéour-Lanvern
L’artiste plasticienne, cinéaste et photographe Caroline Duchatelet a effectué deux temps de résidence à Kervahut pour mener des recherches photographiques autour du paysage bigouden. Prises à l’aube en écho avec ses champs d’investigation habituels, ses propositions devraient fournir matière à différentes explorations formelles.
Premier temps : 24 octobre – 6 novembre 2024.
Deuxième temps : 17 septembre – 10 octobre 2025.
« Le premier séjour à Kervahut a eu lieu en automne 2024.
Le second s’est déroulé à l’automne 2025, au moment de l’équinoxe et des grandes marées.
J’y ai approfondi un geste photographique. À l’aube toujours.
Où commence l’aube ? D’où vient la lumière ? C’est de la soie dans la nuit, c’est un surgissement lent, une montée, en soi et au dehors. C’est un temps parfois long, parfois bref, infiniment changeant, imprévisible. Le jour borde l’horizon. Doucement, il éclaire l’inquiétude de la nuit.
À Kervahut se sont dessinés deux champs d’attention : les arbres et l’océan. À quelques kilomètres d’écart, il y a deux mondes. Celui de l’océan, sable, sel, dunes, horizontalité vaste, vent, vagues, poussières d’eau, rouleaux, grondement de la mer. Plus à l’intérieur, celui d’une campagne gorgée d’eau douce, enchevêtrée, ronces, arbres tombés, arbres larges, arbres hauts, leurs présences puissantes et anciennes, herbes longues, humus, silence foisonnant des feuillages.
J’explore un accordage entre ce qui se passe dehors et mon souffle : les nuances de l’air, les brumes, les vents, la pluie, la masse des arbres, les ombres, la pleine lune, les grandes marées, le crescendo vibrant de l’aube, ses intensités, ses rythmes. En découle un geste de captation, le temps d’une respiration. Le souffle. À l’intérieur de soi, un pinceau. À l’extérieur, son mouvement dans la lumière de l’aube et l’ombre des arbres. »
